Accueil > IMAGES > L'avenir, c'est pas dans un bureau

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Côte d'Ivoire


Abidjan est un géant urbain, bouillant, tentaculaire.

En croissance exponentielle, la ville avec plus de 5 millions d’habitants est aujourd’hui le plus gros centre urbain de l’Afrique de l’Ouest, et concentre plus de 20% de la population ivoirienne. Carrefour culturel, la ville continue en outre à irriguer depuis son port et par conteneurs entiers les pays du Sahel (Burkina faso, Mali, …) qui la jouxte.

Après le miracle ivoirien des années 70 qui surfait sur les rentes du café et du cacao, le pays est enlisé depuis 2002 dans une crise politique devenue depuis économique, qui ne semble plus finir après le report d’année en année des promesses d’élections présidentielles. Les réfugiés du nord affluent, venant grossir le flot d’émigrés économiques qui, comme partout en Afrique, désertent les campagnes en quête d’un mieux vivre urbain pour, souvent, échouer dans les bidonvilles de la capitale. En 2008, la moitié des Ivoiriens vivait avec 1€ par jour  (source ENV 2008).

Les classes moyennes existent-elles donc vraiment à Abidjan ? Souvent issues de familles nombreuses en milieu rural, leur éducation les a menés en ville et leur permet d’émerger. Avec entre 1 et 7€ par tête et par jour, leur revenu peut sembler dérisoire pour les standards occidentaux, pourtant ils vivent mieux que les plus pauvres et restent loin de la minorité enrichie. Pour la plupart, ils ont un emploi stable leur permettant de construire leur avenir, bénéficient d’un logement en dur équipé (électricité, TV, frigo, …) et investissent dans l’éducation de leurs enfants en les envoyant si nécessaire dans des écoles privées. Selon cette définition, ils représenteraient 30% de la population du pays et 40% des richesses.

Pourtant tout n’est pas simple : outre la crise, la mondialisation se fait sentir au travers du yoyo des prix des aliments et du pétrole qui affecte directement le budget repas et transport des familles. Il faut donc sans cesse s’adapter. Subissant en outre de plein fouet la corruption, ils doivent faire preuve d’une créativité entreprenariale extraordinaire pour aller de l’avant. Étudiante qui risque toute sa bourse d’étude annuelle pour monter un cyber-café, businessman en herbe déscolarisé qui dirige d’une poigne de fer un réseau de réparation de photocopieuses, professeur d’allemand dont la paie famélique restée inchangée depuis 15 ans lui permettant seulement de rêver à devenir propriétaire de son appartement…

Bien conscient que l’État ne peut plus seul leur assurer un emploi, le métier de fonctionnaire est vu aujourd’hui comme un tremplin assurant stabilité pour développer des activités privées (des “gombos”) plutôt qu’une fin en soi : “l’avenir c’est pas dans un bureau !”.

Rencontre avec les classes moyennes d’Abidjan …

 
 
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